Si Watchmen peut s'enorgueillir d'un sans faute pour son casting, la révélation la plus spectaculaire est assurément celle de Jeffrey Dean Morgan, parfait dans le rôle sulfureux du Comédien. Morgan est apparu depuis une bonne dizaine d'année dans de nombreuses séries avant d'obtenir des rôles plus consistant dans Weeds ou Supernatural, où il incarne le fascinant père des deux héros. Son rôle de Dennis Duquette, le séducteur de Izzy dans Grey's Anatomy, confirme son talent au grand public. Avec Watchmen, Morgan dévoile une autre facette de son talent, incarnant avec une énergie débordante le personnage que l'on adore détester…F.L.: Comment avez-vous découvert votre rôle dans le scénario ?
Jeffrey Dean Morgan : Je n'ai pas reçu le scénario, j'ai reçu une photocopie du comics, un truc épais "comme ça" ! J'ai donc commencé à le lire et j'ai découvert que mon personnage passait par la fenêtre dès la première scène. J'ai aussitôt appelé mon agent pour lui demander si c'était une blague. Il m'a alors conseillé de le lire jusqu'au bout… Ce que j'ai fait, de nombreuses fois, en même temps que je devenais accroc à la caféine! J'ai relu de très nombreuses fois la bande dessinée et, encore aujourd'hui, je ne suis pas sûr d'avoir tout compris tant ce livre est brillant !
F.L.: Et pourquoi Zack Snyder vous a-t-il choisi pour le rôle du Comédien ?
JDM : Il devait être ivre… Vraiment, je me le demande encore. Ma seule référence pour la production était mon rôle dans PS I love you !. Je suis un acteur romantique, et on a plus l'habitude de me voir enflammer les cœurs du fond d'un lit d'hôpital !
F.L.: Et comment jugez-vous votre personnage ?
JDM : Je l'adore ! Ce type est une horreur. Il essaie de violer la femme qu'il aime, il abat une femme enceinte qu'il a abandonné sans que cela lui cause le moindre soucis, vous ne pouvez pas aimer une type pareil ! C'est un abominable salopard, et pourtant, on en arrive presque à le plaindre… Ce qui me plait, c'est l'absence de rédemption. Vers la fin de sa vie seulement, il commence à réaliser, à regretter un peu.
F.L. : Il semble que son rôle soit de porter toutes les mauvaises consciences de ce siècle. Il adore mater les émeutes, s'éclate avec son lance-flamme pendant la guerre du Vietnam, c'est lui qui abat Kennedy…
JDM : Ah oui, j'avais oublié ça ! Il a tué Kennedy ! Mais c'est vrai, c'est un peu ça. Il assume et n'est pas dupe. C'est peut-être ce qui le rend sympathique.
F.L.: Il y a un danger à exceller dans une pareille interprétation. Voilà un tueur abjecte, hyper violent, amoral, mais qui arrive à être sympathique. Et s'il devenait un modèle pour certains ?
JDM : Ah la la… On m'a déjà posé cette question, et c'est flippant ! Mais je ne suis qu'un acteur, et ça n'est qu'un personnage dans un film de super-héros.
F.L.: Vous ne regretterez pas ce personnage ?
JDM : Il faut savoir laisser son personnage derrière soit une fois qu'on a quitté le plateau, c'est essentiel. Dès que la caméra est coupée, je redeviens le gentil romantique… Il faut dire que ça n'a pas toujours été facile. Watchmen a été un tournage très long, très compliqué. Surtout pour moi qui n'avais jamais fait de film d'action ! Au début de l'entraînement physique, je n'arrivais même plus à marcher, j'avais mal partout. J'arrivais à l'aube pour me faire maquiller, me préparer. Et puis il y avait le costume, hyper inconfortable. Quand je n’étais pas gelé, j'étais en sueur ! Heureusement, il y avait Zack. Il possède une énergie, un enthousiasme fantastique.
Je suis tellement fier, je lui suis tellement redevable d'une pareille expérience !
F.L. : Avant de devenir acteur, vous avez créé une compagnie d'art graphique. Aucun regret ?
JDM : Oh non ! Pas le moindre ! C'est vrai que l'on faisait de la recherche de logo, de l'image de marque à Seattle… Mais des regrets ? Sûrement pas ! Surtout maintenant. Je suis tellement content de tout ce qui m'arrive… Je me suis lancé dans la carrière d'acteur comme un coup de poker, sans formation, sans piston. Ça fait longtemps que je campe sur la pelouse des producteurs en attendant le bon rôle ! Voici 5 ans de cela, j'avais du mal à payer le loyer. Puis les trois séries sont arrivées coup sur coup (Weeds, Supernatural, Grey's Anatomy), et maintenant Watchmen m'ouvre d'autres horizons. L'important maintenant, c'est de me souvenir d'où je viens, de rester humble. Mais pour moi, tout commence maintenant, à 40 ans !
C'est un fait avéré: Jeffrey Dean Morgan va revenir sur grand écran dans pas moins de 3 films cette année ! Taking Woodstock, All good things et l'ambitieux Shangaï. Et il s'apprête à tourner le thriller The Resident avec Hillary Swank...
Frédéric Lelièvre
L'avis des internautes (1 Vote)
Commentaires (0)

Ecrivez un commentaire
Vous devez être enregistré pour écrire un commentaire.

Tags






